Un bus OuiBus

A plus dans le bus !

Pour voyager pas cher, la nouvelle solution à la mode, c’est le bus. Et effectivement, c’est pas cher. Pour 30€, un trajet Clermont-Ferrand/Rennes en passant par Paris. Petit bilan :
Les + :

  • Le confort. Les bus sont modernes et bien équipés. Il y a de la place entre les sièges et ce même quand le voisin du devant incline son siège. Les sièges sont d’ailleurs très inclinables et plutôt confortable ce qui rend le sommeil plutôt agréable, en dépit des conditions. Chaque rangée de siège est équipé d’une prise électrique (une de chaque côté du couloir, entre les sièges) et de deux prises USB (type A femelle, 2.5 A). A noter que les prises ne fonctionnent évidemment que lorsque le moteur est démarré. Le bus dispose aussi d’une connexion Wifi. Le débit est assez lamentable, il faut bien l’avouer (en moyenne, j’avais un débit 100 à 200 fois plus élevé en 3G/4G) mais ça peut bien rendre service si vous n’avez pas ou plus de data. Mais il ne faut pas espérer s’en servir pour du streaming (les usages streaming sont bloqués, de toute manière).
  • Le prix. Sans aucun doute possible, les offres sont très intéressantes. Un trajet Clermont/Rennes coûte en moyenne 35€ en covoiturage et de 45€ à plus de 100€ en train. Maintenant, vu le faible nombre de passagers sur les liaisons internes (les bus internationaux auraient plutôt tendance à être pris d’assaut), on peut s’interroger sur la rentabilité et à fortiori la pérennité du service. Il s’agit probablement de prix d’appel pour inciter les gens à utiliser ce service assez récent. Soit la fréquentation augmentera et on pourra espérer garder ce genre de tarifs, soit il faudra s’attendre à une hausse, je pense.
  • L’accueil. Tout les personnels (les chauffeurs et le personnel en station à Paris Bercy) sont agréables et à l’écoute.

Les – :

  • Le temps. Alors évidemment, étant donné que la vitesse des cars est limitée à 100km/h il ne faut pas s’attendre à des records en terme de temps parcours. Mais comparé à un temps de trajet de 5/6h en voiture et 7/8h en train pour faire Clermont-Ferrand/Rennes, 13h ça fait beaucoup !
  • Les pauses. Là encore, les compagnies n’ont pas tellement de choix, mais la pause réglementaire de 45 minutes après 4h de trajet est assez pénible. Surtout quand elle tombe à 3h du matin sur une microscopique aire d’autoroute…
  • l’organisation et la communication. Rien de vraiment rédhibitoire (surtout pour qui est habitué à la SNCF) et probablement surtout des problèmes transitoires liés au manque d’expérience, mais il règne sur les points de départ un flou artistique assez impressionnant. En gare de Clermont, par exemple, il n’y a aucune indication sur l’emplacement de la station, mis à part une adresse sur le site de la compagnie. Une fois sur place, pas de panonceau ni même de simple autocollant avec le nom de la compagnie, histoire de s’assurer que l’on attend au bon endroit. En gare de Bercy, si le lieu de départ est clairement indiqué, les équipes n’ont pas l’air très renseignées. Et lorsqu’on les interroge sur l’heure à laquelle va arriver tel ou tel bus, les réponses sont souvent du genre « il ne devrait plus tarder ». Dommage, ça donne une image assez peu professionnelle. De même, l’embarquement est un peu chaotique, le chauffeur jouant aussi le rôle de receveur et de bagagiste.
  • Le réseau. La grosse faiblesse (en tout cas sur la compagnie made in SNCF), c’est l’organisation en étoile du réseau. Dans beaucoup de cas, il est nécessaire de passer par Paris pour relier deux villes. Étant donné les temps de trajets déjà assez longs, c’est dommage. D’autant que les liaisons ferroviaires vers et depuis Paris sont plutôt nombreuses, au contraires des liaisons transverses. Un vrai créneau à prendre, à mon avis !

Au final, l’expérience est plutôt concluante. Le transport en car tient ses promesses, à savoir vous transporter à petit prix. Le service fourni est de bonne qualité mais certains détails gâchent un peu le plaisir. Gageons que tout ces petits soucis vont aller en s’atténuant au fur et à mesure des retours d’expérience ! Il faut aussi espérer que l’atout majeur pourra être conservé sur le long terme : le prix !

Lundi 08/06 à dimanche 14/06 : indépendance

Lundi 08/06

Ce matin Nayak a dû aller plus tôt au département. Du coup, je me suis débrouillé pour y aller ! Donc, vers 11h, je suis parti à pied. Faut compter 7 minutes, donc rien de déraisonnable, mais c’est vrai qu’il fait chaud. L’astuce, c’est de trouver un compromis entre une marche trop lente qui permet pas de faire circuler l’air et une marche trop rapide qui fait transpirer. Mais tout va bien, je me suis pas perdu.

Comme prévu, il n’y a effectivement pas grand monde au labo ce matin. À priori, il y a même peu de chances que j’arrive à croiser A.K. Verma. Encore une journée qui promet d’être constructive !

Il est à peine 13h, et déjà j’ai fait plein de choses utiles. Désormais, je sais que Libre Office Calc est capable de gérer un tableau jusqu’à 230 cellules. Je sais aussi que pour passer des Celsius au Fahrenheit, il faut multiplier par 1.8 et rajouter 32 et qu’on peut mettre 238 cuillères à café dans une tasse à café. Et j’ai aussi eu le temps d’entièrement documenter le code de mon modèle de colonne…

Finalement en fin d’après-midi, après une coupure de courant épouvantablement longue (quasi 2 heure) pendant laquelle les distributeurs d’eau étaient HS, du coup, Nayak est venu me prévenir qu’il rentrait. J’étais lancé sur un truc, je lui ai dit que je me débrouillerais. J’ai réussi aujourd’hui à me connecter au Wi-fi du labo. Mais le souci c’est que derrière j’ai pas de connexion Internet… Je pousserais bien les investigations plus loin mais sans documentation et sur un Windows, c’est pas facile.

En rentrant à la résidence par un bon gros 30°C (à vue de nez) je me suis senti pousser une envie d’explorer. Du coup, j’ai posé mon sac et je suis ressorti. J’ai pas fait grand-chose, je me suis juste promené un peu à l’extérieur du campus pendant 1h au total et j’en en ai profité pour acheter un peu à manger : un lassi en brique (15 /-) et un gros samosa (4 /-). C’est vraiment énorme autour du campus. La rue qui le longe est recouverte de petits magasins qui vendent tout et n’importe quoi. Ça va du marchand ambulant qui vend des œufs durs à la boutique qui revendique son « hi-speed internet » avec le logo d’Internet Explorer en gros sur la vitrine.Et bien sûr, au milieu de la rue c’est le foutoir habituel !

La question a laquelle j’ai essayé de répondre au passage, c’était sur le retrait d’argent au DAB. J’en ai vu plusieurs, mais aucun qui affiche frontalement le logo Visa. Et ça m’embête parce que j’ai peur de me faire aspirer ma carte en cas de soucis, ce qui m’emmerderait carrément. Va falloir que je me renseigne. Enfin, c’est pas une urgence il me reste pas mal de liquide, et à la vitesse à laquelle je consomme j’en ai pour un moment.

Ce soir j’ai encore découvert de la gastronomie locale. Nayak a ramené des boulettes de patate (Manchuraien) avec une sorte de sauce tomate en un poil plus épicé et ce qu’ils appellent du riz frit (fry rice), donc du riz avec des haricots, des carottes, des oignons… Quand j’ai vu les boulettes, j’ai dis que ça ressemblait avec des boulettes de bœuf, à ce moment là Nayak m’a regardé l’air vaguement choqué avant de me répondre qu’en Inde, on en mangeait pas de bœuf. J’ai donc confirmation de la rumeur ^^

C’était très bon ! Épicé, mais bon. Et je pense qu’en fait c’est le problème de la nourriture de la cantine de la résidence c’est tellement épicé que tu sens plus le goût des aliments. Alors que là, c’est épicé mais tu sais quand même ce que tu manges.

Je suis progressivement en train de me convertir au fait de manger avec les mains. Je manque encore d’habitude (20 ans fourchettes!) mais ça vient petit à petit. Je suis encore assez délicat, j’utilise que le bout des doigts, mais les Indiens eux, ils ont de la nourriture jusqu’au poignet. C’est vrai qu’au premier abord, c’est pas hyper ragoutant:D !

J’ai pris une bonne habitude, je demande systématiquement à ce que l’on m’épelle le nom de ce que je mange et je prend des notes. C’est pratique !

Mardi 09/06

La journée d’aujourd’hui a commencé comme la veille. Nayak est parti super tôt au département. J’y suis personnellement allé vers 11h. Un peu après-midi, j’ai pu parler avec mon maître de stage qui m’a expliqué quelques trucs, ce qui m’a permis de comprendre que j’avais rien compris. Maintenant j’ai la bonne direction dans laquelle travailler !

Vers 13h je me suis mis en quête d’un endroit où manger. D’abord, j’ai voulu aller à la cafétéria de l’université qui est juste en face du département (pratique!) mais il y a visiblement un système spécial (un peu comme les tickets au RU chez nous quoi) que j’ai pas compris. Je demanderais à Nayak. Du coup, j’ai décidé d’aller au temple pour manger. C’est à une dizaine de minutes à pieds, autant dire que sous cette chaleur c’était pas évident. Mais je me suis pas perdu, c’est déjà ça ! Sur place, j’ai réussi à commander tout seul deux samosas (4/- chacun), un chaï (5/-) et un lassi à 20/-, plus cher que celui d’hier mais nettement meilleur (artisanal, là où celui d’hier était en brique). Après, retour au département, où il n’y a toujours personne dans mon bureau. Et il faut bien reconnaître qu’assis devant la clim, avec la digestion, ça donne bien envie de faire une petite sieste ! Surtout qu’en en Inde, être pied nu, les pieds posés sur une chaise ça choque personne !

En fin d’après-midi, j’ai voulu rentrer mais Nayak n’était pas à la résidence… Du coup, je suis allé dans ma chambre, j’ai posé mon sac et je suis ressorti faire un petit tour. J’en ai profité pour manger un morceau au temple. Un chaï (je deviens accroc à ce truc!), un laung latta (le truc qui ressemble à un kouign amann), une petite boule non-identifié et un milk shake à la mangue, soit 40 /- au total. Un peu cher, mais c’est surtout le shake mangue à 25/- qui est pas très rentable.

J’ai fini par croiser Nayak et on est rentré. Après notre désormais traditionnel verre de lait, je suis sorti me rafraîchir au robinet avant d’aller dormir quand soudain… plus de courant. Je me suis retrouvé bêtement au milieu de la résidence sans trop savoir où était ma porte. Pas trop loin, heureusement. Le temps que le courant revienne, une dizaine de minutes plus tard, j’ai discuté avec le voisin qui était sorti prendre le frais en attendant que la clim redémarre. Laolse, un indien de la région (à quelques kilomètres de Bénarès). Il m’a expliqué que les coupures de courant de nuit n’étaient pas accidentelles comme celles de jours (qui surviennent sûrement à cause de la trop forte demande) mais que c’était des opérations de maintenance…

Mercredi 10/06

Ouh, la grosse absence de motivation… Ça a été dur de se lever ce matin ! Pas fatigué, mais juste pas envie d’aller bosser. Du coup, je suis arrivé vers midi au département, vide. Va bien falloir que j’essaye de travailler un peu mais j’ai vraiment pas le goût.

L’après-midi a été TRÈÈÈÈÈÈÈS longue, comme prévu. J’ai pas dû comprendre ce que je devais faire parce que ça m’a pris approximativement 5 minutes… Mais bonne nouvelle du jour, j’ai quasiment Internet ! J’ai réussi à configurer le proxy correctement, il me manque plus que le mot de passe et je serais bon ! J’avoue qu’après des heures de labeur, après avoir fouillé dans la configuration de tous les routeurs que j’ai pu trouvé (le message sur les mots de passe par défaut à pas dû arriver jusqu’ici…), j’ai enfin fini par trouver cette foutue adresse en fouillant dans la configuration du PC caché dans un coin du bureau qui sert uniquement à imprimer.

Au retour, on est allé acheter mon « bed roll » qui fera office de matelas et un oreiller. Sur le chemin , on est passé par une station service pour faire le plein. Ils étaient en train de dépoter une citerne: sans mise à la terre ni aucune précaution, je me demande si il y a des statistiques sur les accidents dans les stations service en Inde. En tout cas l’essence est plutôt chère : 73/- le litre, soit en gros 1€. Ramené au coût de la vie là bas, ça fait une belle somme !

Ensuite on est sorti de BHU (qui est vraiment énorme, en plus de la station service et du temps, il y aussi un hôpital…) pour aller au magasin de matelas. Pour 450/- j’ai donc un « matelas » et un oreiller… qu’il a fallu ramener en scooter. Ce fut assez épique.

Plus tard dans la soirée, alors que je profitais de la fraîcheur (toute relative, il devait faire 35°C) de la soirée en me promenant dans le jardin au milieu de la résidence j’ai discuté un moment avec les deux voisins (Abhi et Rahul) qui sont en PhD sur les matériaux, notamment sur les semi-conducteurs et le graphène.

Jeudi 11/06

Je suis passé à ma résidence ce matin pour essayer d’obtenir ce fameux papier avec lequel je pourrais acheter une SIM, mais le gars qui était là à cette heure ne parlait pas anglais, donc la discussion a été difficile. Finalement, on y est retourné avec Nayak en début d’après-midi et on a obtenu un « bonafide certificate » (un justificatif de domicile, en fait)… mais il a encore fallu le remplir. Première tâche, trouver des ciseaux pour découper les photos d’identité. Pas une tâche aisée en Inde. C’est chez le marchand de drap (où nous étions parti acheter un couvre-lit et une taie d’oreiller, 320 /-) que nous en avons trouvé. Ensuite, il a fallu trouver un stylo. Donc, retour au département… Mais maintenant, c’est bon, je devrais réussir à obtenir une SIM assez rapidement, après 18 quêtes secondaires !

Au retour en début d’après-midi, la seule étudiante qui reste dans mon bureau m’a dit que le professeur Verma voulait me voir. En fait, il voulait m’annoncer qu’il s’absentait pendant plusieurs jours et qu’en cas de soucis je pouvais m’adresser à un de ses collègues. Le collègue en question est un gars super sympa qui a pas mal vécu aux USA et qui parle un plutôt bon anglais. Du coup il m’a emmené dans son bureau et on a pas mal discuté. Ça fait du bien de pouvoir parler avec quelqu’un ! Il m’a donné plein de conseils utiles sur où manger, comment faire ma lessive, où retirer de l’argent, quel montant… Il en a aussi profité pour me donner le mot de passe du proxy ! Et ça c’est cool ! Il m’a aussi dit qu’il fallait que je vienne chez lui, qu’il me présenterait sa femme, américaine, qui apparemment parle plutôt un bon français.

Au retour, j’ai pu me connecter à Internet du coup ! Bon, ça plantait tout le temps (parce que j’étais connecté au routeur super éloigné de moi, le plus près il plante après une certaine heure…) mais ça faisait quand même plaisir d’avoir des nouvelles et de pouvoir en donner ! J’en ai profité pour télécharger VLC, pour pouvoir lire les Go de musique que j’ai avec moi (parce que j’ai tout extrait en FLAC et que Media Player n’est pas capable de lire le FLAC).

Au retour, Nayak m’a dit que ce soir je dormirais chez moi. Du coup, une fois rentré j’ai pris mes affaires (pas tout, je prendrais la valise demain) et je suis aller m’installer chez moi. Pour régler le petit souci de vis-à-vis (moustiquaire sur la porte), j’ai accroché mon Gwenn ha Du devant:)

Vendredi 12/06

La journée a été plutôt calme… Quand je suis parti un peu avant 18h, je suis passé dans le bureau du prof qui me supervise en l’absence de mon maître de stage, celui qui m’a aussi donné pas mal de conseils, juste pour dire bonjour. Et au final, il m’a emmené chez lui, m’a présenté sa femme, une américaine qui parle un peu français, nous avons pris le thé ensemble puis finalement nous sommes sorti pour aller manger.

Au départ, ils avaient prévu de me montrer un endroit en dehors du campus, mais la météo nous a fait changer d’avis. Alors qu’on sortait, le vent s’est levé, le ciel s’est couvert, une petite tempête de sable a commencé, puis la foudre, puis on a perdu le courant (4ème coupure de la journée…) et enfin il a commencé à pleuvoir… Du coup, on est finalement allé à la cantine de la résidence qu’il m’avait conseillé. C’était effectivement pas mal moins épicé que la cantine de ma résidence, mais ça reste pas super bon:/

Ce fut vraiment une chouette soirée. On a pas mal discuté en anglais, on s’est promené… un bon moment !

En se promenant, on est passé devant une résidence en travaux… Les ouvriers logent dans une sorte de bidonville juste devant le chantier. Ils sont payés aux alentours de 200 /- (moins de 3€) par semaine, pour une famille entière et pour des conditions vraiment durs… Suzanne (la femme du prof) et moi étions un peu choqué, en tant qu’occidentaux ! Mais c’est la réalité de l’Inde ça !

Samedi 13/06

La journée n’a pas été des plus productives… Personne au labo aujourd’hui, j’ai juste croisé Nayak rapidement. Et comme je manquais de motivation, j’ai surtout traîné sur Internet:P !

En rentrant je suis allé au temple pour dîner. Je suis allé dans un des petits « restaurants » sur la place où j’ai mangé des paneer manchurian (90/-). Manchurian ce sont ces sortes de boulettes que j’avais déjà mangé, mais en version veg. Cette fois, c’est la version au paneer. Le paneer étant une sorte de fromage local, qu’on retrouve un peu partout dans la cuisine. Le tout était évidemment accompagné d’une sauce un peu relevé, probablement à la tomate avec des poivrons et du maïs.

En mangeant, j’ai aperçu un groupe à côté qui mangeait des dosa. On m’en avait déjà parlé et c’est vrai que ça ressemble pas mal à des crêpes. Je testerai ça prochainement !

Dans la soirée, alors que j’avais laissé ma porte ouverte pour rafraîchir, j’ai eu pas mal de visites. D’abord un premier gars qui m’a baragouiné 3 mots à propos d’Internet avant de repartir… Puis un Indien qui parlait plutôt bien anglais est venu m’emprunter mon seau (il s’appelle Yoshi, sûr que je vais le retenir celui-là!). Et ensuite Nayak est passé prendre de mes nouvelles. Je crois qu’il est encore un peu inquiet à l’idée de me laisser tout seul, il m’a demandé si je dormais chez lui, c’est (encore) étonné du fait que je ne mangeais qu’une fois par jour… Mais comme il a vu que ça allais, il m’a laissé !

Dimanche 14/06

Réveil tranquille, vers 12h ! Après la douche, je suis allé essayer d’acheter de quoi manger et faire des petites courses pour les petits déjeuners. Mais l’épicerie du campus est fermé le dimanche ! Du coup, je suis retourné au truc devant mon hôtel pour manger quelques samosas, un lassi en brique. J’en ai profité pour acheter des biscuits (10/-) et du pain de mie (30/-) !

Lundi 01/06 à dimanche 07/06 : Adaptation

Lundi 01/06

Ce matin j’ai enfin osé affronter les douches locales. Au final, rien de bien dramatique. Pas évident de se laver les cheveux avec un robinet situé à hauteur d’épaule, mais sinon…

Après ça, on s’est mis en route vers le département, en scooter. Vu les distances et la chaleur, ça serait difficile de faire le chemin à pied… Sur le trajet on s’est arrêté prendre ce qu’ils appellent un jus. Au final, c’est plus un milk shake. À la banane pour 20 /- c’est cool !

Arrivée au labo vers 10h30 et on était parmi les premiers arrivés. En fait, l’université applique des horaires d’été et tout le monde n’arrive qu’à partir de 10h. Pas de surmenage !

Le reste de la matinée a été assez pesant… Je n’ai pas pu rencontrer mon maître de stage et je ne sais toujours pas ce que je dois faire. Alors je suis resté assis dans le bureau des étudiants à lire le livre du maître de stage.

En désespoir de cause, j’ai sorti mon ordinateur pour essayer de voir si je pouvais attraper une connexion Internet mais…

Avec la chaleur qu’il fait et malgré la clim, j’ai hâte d’avoir un travail à faire, histoire de m’occuper l’esprit. Parce qu’actuellement, c’est presque la déprime (à nouveau), d’autant que je ne parle pas hindi, alors pour communiquer…

Finalement, j’ai rencontré mon maître de stage juste avant le déjeuner. On a discuté un peu technique, il a jeté un coup d’œil au syllabus de l’école pour vérifier que je pouvais faire ce qu’il avait prévu puis m’a briefé sur le sujet. Comme prévu, je vais bosser sur la modélisation de colonnes à distiller, par l’approche « rate-based » (difficile à traduire). Pour les connaisseurs, l’approche classique sur les colonnes à distiller considère qu’à chaque étage, il y a équilibre entre la phase vapeur et la phase liquide. C’est loin d’être parfait comme approche et ça s’adapte pas à tout. Du coup, dans cette approche on considère qu’il y a équilibre uniquement à l’interface entre phase vapeur et phase liquide, ce qui permet aussi d’étudier les distillations réactives tout ça !

Finalement, j’ai commencé à potasser les articles que m’a sorti le maître de stage jusqu’à l’heure du déjeuner. On est allé dans un petit restaurant sur la place devant le temple Vishwanath (ouais, j’ai appris son nom entre temps). J’ai mangé une sorte de truc blanc, on aurait dit une sorte de semoule tassé… ça n’avait pas tellement de goût et plutôt étouffant. En plus, dans ce genre de restaurant, l’eau vient direct du robinet donc pas potable ! Les autres en buvaient mais Nayak (le doctorant, dont j’ai aussi appris le nom entre temps) m’a vivement déconseillé de faire pareil… Donc repas sec, c’était pas très agréable.

Après, le reste de l’après-midi était désagréable… Il faisait très chaud et j’avais pas d’eau sous la main. J’ai frôlé la déshydratation avant de trouver un distributeur d’eau potable à l’entrée du département de génie biochimique. Ça c’est le truc cool, dans l’université et les résidences, il y a des distributeurs d’eau purifiée un peu partout et c’est bien pratique (surtout que pour le même prix, elle est réfrigérée). J’ai donc pu trouver de l’eau et reprendre un peu le travail.

Un peu plus tard, avec Nayak on est allé acheté des patates, des tomates et des œufs et j’ai fait un peu la cuisine (rien de bien compliqué : patate à la vapeur, tomates vite fait à la casserole, riz, œufs durs). Les indiens font rarement la cuisine de ce que j’ai compris. J’avais presque l’impression d’être un chef étoilé ^^ !

Mardi 02/06

Déjà, la journée commence bien : quelqu’un essaye d’enfoncer la porte. En fait, c’était juste un collègue qui nous avertissait qu’on était en retard. Et oui, 10h45…

Je me sentais pas super bien, du coup je suis finalement resté travailler dans la chambre.

En début de soirée, Nayak est passé me chercher. On est parti sur la place du temple à la rencontre de quelques-uns de ses amis pour manger un premier petit morceau, puis on s’est assis sur la pelouse devant le temple pendant quelques temps. Il faisait une chaleur strictement épouvantable. En fait, on ne sentait pas vraiment la chaleur mais je transpirais des vrais torrents de flotte.

Après on est parti un peu plus loin pour dîner. Cette fois-ci, j’ai voyagé sur la moto d’un autre collègue. On a discuté un peu et il avoué en rigolant que personne en Inde ne respectait les règles sur la route (parce que visiblement, il y a des règles!).

On s’est donc arrêté devant un petit magasin pour manger. Des samosas (ça je connais!) mais nettement meilleurs que ceux qu’on mange en France ! Aussi des petits machins rouges « bondis » sucrés. Je sais pas trop ce que c’était mais c’était bon ! Le tout avec du jus de mangue et encore un thé. J’aime vraiment le thé en Inde!

Mercredi 03/06

Aujourd’hui, on s’est réveillé à l’heure. On est parti vers 10h30 de la résidence. On est pas parti directement au département, avant ça on a fait un petit détour par Bénarès, juste à la sortie du campus. Nayak avait quelques courses à faire. Je me suis du coup retrouvé debout sur le bord de la route dans Bénarès à attendre qu’il revienne. Forcément, les taxis m’ont sauté dessus !

On est finalement arrivé au département vers 11h. J’ai finalement réussi à trouver un rythme, je bosse une heure et je vais boire un coup au distributeur d’eau purifiée à l’entrée du département de génie biochimique. Mais soudain, c’est le drame. Vers 12h, on a perdu le courant. Et avec lui la clim et les ventilateurs. Et en Inde, la ventilation c’est indispensable. J’arrive à peu près à me passer de la clim, mais le ventilateur… Les collègues m’ont expliqué que c’était normal ici ! Mais en attendant que ça revienne, impossible de rester immobile plus de 5 minutes sans littéralement dégouliner de sueur. Le remède est simple : suffit de marcher un peu pour faire circuler l’air.

Le temps que ça revienne, on en a profité pour manger, au département. Tout le monde avait amené un truc à manger et on a fait une sorte de pique nique au milieu du bureau (truc complètement impensable en France, le pique-nique sur la même table qui sert à préparer des solutions aqueuses de chlorure de fer).

Nayak a visiblement expliqué aux collègues du labo que je savais parler Hindi, pour m’embêter ! Mais ils se sont vite rendu compte de la supercherie et du fait que le seul mot d’Hindi que je connaisse c’est namaskar (et encore, je ne suis sûr ni de l’usage, ni de la prononciation).

Enfin, après environ 1h, on a récupéré le courant, aussi vite que c’était parti. Vive la ventilation !

Dans l’après-midi, re-ennui absolu. Nayak est en pleine réunion avec le professeur Verma et son étudiante… Vers 17h, je suis convoqué dans le bureau. Le maître de stage me rend un papier et me dit qu’on prendra une demi-heure demain pour étudier le projet en détail et m’indiquer la direction à suivre. En attendant, je me suis remis à bosser sur un scénario que j’avais en route depuis quelques temps (les connaisseurs reconnaîtront…;))

Raaah ! Je suis passé à un doigt d’une connexion à Internet. Le collègue m’a passé les mots de passe du Wi-fi mais je me fait jeter sans aucune raison valable !

Du coup, ce soir c’est Sonerien Du en boucle. J’ai même sorti mon Gwen ha Du de ma valise.

Nayak accueille un pote ce soir. Sei je crois. J’ai pas tout compris mais Nayak va finalement dormir ailleurs et me laisse partager la chambre avec son pote. C’est chelou mais bon, le pote en question est sympa !

Je passerai les détails sous silence, mais sachez que les chiottes à la turque… c’est moyen…

Jeudi 04/06

L’ami de Nayak avec qui j’ai partagé la chambre s’est levé beaucoup plus tôt. En fait, il avait une sorte d’examen à passer au département, d’où sa présence à Bénarès. Une sorte d’examen d’admission. Après l’avoir accompagné Nayak est revenu se coucher et on a dormi jusqu’à 10h. Puis on s’est préparé et on est parti au département, vers 11h.

On n’était pas arrivé depuis 5 minutes lorsque l’on est finalement ressortit à la cafétéria de l’IIT pour prendre le thé avec quelques collègues. Puis on est revenu bosser. Le Professeur Verma venait d’arriver (il a tout compris aux horaires d’été!), donc c’était l’ébullition dans le labo. Tout le monde debout à écouter avec attention ses instructions (enfin, moi je faisait semblant d’écouter avec attention, parce qu’ils les donnaient en Hindi ses instructions). Ensuite, alors que le courant venait de sauter (encore), on s’est assis lui et moi au milieu du bureau des étudiants pour discuter du projet. Il m’a rapidement expliqué des choses que je savais déjà, puis m’a dit qu’il m’amènerait demain un programme qui simule une colonne, que je puisse jeter un œil. En attendant, je ne sais pas trop quoi faire….

Même si j’ai finalement, trouvé une occupation ! Sur les deux réseaux Wi-fi que m’a passé Nayak, il y en a un sur lequel je ne peux juste pas me connecter, et le second où je peux me connecter mais pas avoir accès à Internet. Du coup, j’ai passé une bonne partie de la journée à essayer de régler le problème mais… Comme je devais d’urgence transmettre un document à la scolarité en France, j’ai finalement, en désespoir de cause, utilisé la 3G avec ma SIM française. Ce qui m’a permis de constater au passage que je suis éligible pour une bourse supplémentaire de l’école (500€, versé d’un seul coût d’ici quelques jours), et ça c’est cool ! Mais en attendant, la connexion Internet 3G est plutôt bonne mais aussi plutôt cher… A priori, pour une session de quelques minutes, j’en aurai pour une 20aine d’euros O_O ! Désolé — » (ces dernières excuses s’adressent à ma mère, qui est susceptible de lire ces lignes et qui paye aussi la facture de mon forfait, par la même occasion…) ! Il va vraiment falloir que je me procure une SIM indienne. Ils ont des forfaits plutôt intéressants, de ce que j’ai aperçu mais il y a des formalités à faire. Faut que j’en reparle à Nayak. Parce que j’ai plutôt hâte de récupérer Internet. De ce que j’ai aperçu lorsque je me suis connecté rapidement avec mon téléphone, j’ai des mails en attente par centaine et des dizaines de gens qui essayent de me joindre. Et ça fait genre même pas une semaine que je suis indisponible !

Info du jour : je sais globalement ce qu’il y a dans le thé Indien. En fait, c’est du thé normal, sauf qu’il infuse dans le lait et non pas dans l’eau. Et il y a aussi pas mal de sucre et de la cardamone.

D’ailleurs, même si ça n’a pas de réel rapport avec la journée, il est temps de faire un petit bilan sur la nourriture. Tout ce qui est plat principal, j’ai du mal. C’est soit très épicé, soit assez étouffant, parce que toujours plein de grosses pâtes feuilletées et ce genre de choses. Et avec la chaleur bah c’est pas terrible:/ ! Par contre, tout ce qui est dessert/sucreries c’est bon (Nayak se paie d’ailleurs régulièrement ma fiole à ce sujet auprès des autres gens : je n’aime que les sucreries). J’ai goûté pas mal de choses assez différentes et notamment, tout ce qui est base de produit laitiers c’est super bon. Ils font beaucoup dans le produit laitier. J’ai testé un truc (ce midi, d’ailleurs) qui s’appelle chom-chom, je crois. Ça ressemble à une petite banane. En vérité, je sais pas trop ce que c’est, ils ont eu du mal à m’expliquer. Tout ce que je sais c’est que c’est sucré.

En fin d’après-midi, on est allé au parc devant le temple (c’est vraiment un lieu de vie très important). La plupart des amis de Nayak étaient là, pour fêter l’anniversaire de 3 d’entre eux. Ils avaient apporté un beau gâteau à la crème, très coloré. C’est là que j’ai appris le surnom de Nayak : Baba. La question que je me pose désormais : est-ce que je l’appelle par son prénom ou par son surnom ? Je pense qu’au département au moins, ça sera le prénom. Les autres étudiants n’ont pas l’air spécialement intime et en tant que doctorant il a un rôle un peu supérieur.

Visiblement, en ce qui concerne les gâteaux, il y a une sorte de tradition puisse que chacun fait manger un morceau de gâteau à l’autre (enfin plus ou moins, il y a l’air d’avoir des règles sur qui et avec qui ^^). Pendant qu’on mangeait, il y a une soudaine grosse bourrasque qui a soufflé dans tout le parc et qui a soulevé des tonnes de poussière. Ça surprend quand on a pas vu un pet de vent depuis une semaine.

Après on est allé dans le temple. Nayak m’a assuré que ça ne posait pas de soucis. Par contre, pas de photos dedans, évidemment. Niveau taille et forme c’est franchement très proche d’une église. Niveau organisation par contre… Le temple est découpé en plein d’alcôves avec dans chacune une statue d’une divinité. Et du coup les gens vont de l’un à l’autre, font un petit geste (un peu dans l’idée du signe de croix pour les chrétiens) puis passent au suivant. Enfin pour la majorité des gens, mais certains on l’air d’avoir des rituels différents. C’est vraiment très libre.

L’ambiance est aussi clairement différente de celle qu’on trouve dans un église, où c’est habituellement plutôt calme. Ici, il y a des centaines de personnes qui vont et viennent, qui discutent. Vraiment étonnant ! Tout autour du temps il y a un jardin avec des ruisseaux et des petits ponts. Au fond de chaque côté, une grande fontaine avec une statue en haut. Là j’ai pris des photos, parce que tout le monde en prenant, ça ne semblait pas gêner.

Ensuite on est ressorti puis reparti à moto vers la ville. On est allé dans un restaurant (un vrai cette fois) de nourriture veg. Plein de trucs à manger différent. Des soupes au maïs, des grands bols de sauce et autres liquides à base d’un peu tout, notamment à la noix de pécan. Avec roti évidemment. C’était plutôt bon et pas trop épicé ! En plus, vu que c’était un restaurant qui se voulait plutôt chic, il y avait des couverts ! Je suis le seul à m’en être servi d’ailleurs, question d’habitude. Parce que j’arrive pas à me faire à manger avec les mains.

Enfin, de retour sur le campus vers 22h, on est retourné au département chercher nos affaires puis direction la résidence !

Vendredi 05/06

Arrivée au département vers 11h, comme d’habitude. On s’installe pour travailler lorsque le maître de stage débarque, vers 12h. Comme d’hab, tout le monde se lève dans le bureau. Là, le maître de stage ne dit rien, pas bonjour ni quoi que ce soit, il se contente de me faire signe de le suivre. Du coup je vais dans son bureau et il m’explique un peu plus en détail ce qu’il vaut que je fasse, et essaye de me montrer un algorithme dans MatLab. L’algorithme ne marche pas et je peux admirer pendant plusieurs minutes l’étendue des talents de programmation du prof ! Du même niveau qu’à l’école, je vais pas être dépaysé !

En résumé, je vais devoir créer un algorithme qui utilise la méthode de MacCabe & Thiele pour la modélisation de colonnes de distillation à reflux continu mais en gérant des alimentations et sorties multiples. En supposant l’équilibre pour le moment, on verra après.

De retour au bureau, c’est au tour de Nayak et de sa collègue d’être convoqué. Moi après avoir pris quelques notes (en anglais, attention!), j’attaque mon script. Vers 15h, j’ai globalement fini mon script et on part alors avec Nayak et un collègue d’un autre labo pour manger. Au final, vu l’heure on va juste boire un jus de banane, on verra après.

Alors qu’on avait repris le travail, tout à coup les chiens se sont mis à aboyer. Ici en Inde, les bâtiments ne sont pas vraiment fermés, du coup pendant la journée il y a plein d’animaux errants (surtout des chiens, mais aussi quelques chats et plus rarement dans les bâtiments des vaches et des chèvres) qui viennent se mettre à l’abri du soleil dans les couloirs. Mais là, tout à coup, ils se sont tous mis à aboyer, dans toute la longueur du département (soit une bonne vingtaine de toutous) et ils sont tous sortis en courant au même endroit, sans trop qu’on sache pourquoi.

Mais toute la faune locale est comme ça. Déjà, on croise effectivement pas mal de vaches. Mais elles sont pas stupides, elles restent sur le bord des routes la plupart du temps et ne gênent pas vraiment la circulation, contrairement aux rumeurs qu’on entend parfois. Il y a aussi des chèvres et des cochons, mais c’est plus localisé. J’en ai surtout vu dans la campagne autour de Bénarès sur la route de l’aéroport. En ce qui concerne les oiseaux, il y a pas mal de paons (bizarrement on les entend beaucoup mais j’en ai vu aucun par contre) et aussi des alouettes. Et puis beaucoup d’insectes. Des sortes de guêpes orange vif, des moustiques, des moucherons. Pas mal de grands lézards aussi. Mais la cohabitation se passe bien. Tout le monde s’est visiblement mis d’accord : tu m’emmerde pas, je t’emmerde pas. Donc les chiens dorment paisiblement dans nos couloirs, on les enjambent sans problème et ils bronchent pas. Par contre, pour les animaux comme pour les humains, la saleté, la mauvaise santé et la malnutrition sont très courants…

On a quitté le labo vers 18h. Nayak m’a dit qu’on allait aller à la résidence voisine pour me trouver une chambre (apparemment, il a pas réussi à en trouver une dans celle-ci). Mais finalement, il faut revenir aux horaires de bureau…

Sur le chemin du retour on s’est rapidement arrêté pour grignoter un samosa et boire un thé. Puis Nayak est parti avec ses amis dans Bénarès. J’ai décliné parce qu’évidemment entre eux ils ne parlent qu’Hindi (c’est logique) et donc je suis pas vraiment dans la conversation. À la place, j’ai sorti mon cadeau de non-anniversaire ( 🙂 )

Grande première, je me suis demmerdé pour manger. Je suis allé au réfectoire de la résidence, avec 40 /- et j’ai mangé. Bon, par contre au réfectoire c’est vraiment épouvantablement épicé. Le moindre centimètre carré de peau dans et autour de ma bouche brûlait.

La nuit a été assez mauvaise. Visiblement, Nayak a un travail important à finir et il est resté debout quasiment toute la nuit, lumière allumée, sur son ordinateur. Il m’a même réveillé pour me demander si la lumière me gênait. Mon cerveau embrumé à juste réussi à articuler un truc genre « It’s OK » avant que je retombe.

Samedi 06/06

Mine de rien, ça fait un peu plus d’une semaine que je suis là !

Le réveil a été un peu plus matinal que d’habitude, je pense que Nayak à une sorte d’oral. Il s’est fringué classe et m’a dit qu’il devait arriver plus tôt ce matin. Du coup, vers 10h on était parti !

Le reste de la journée était assez calme étant donné que tout le monde était à cette réunion. J’y serais bien allé, mais Nayak m’a dit de rester dans le bureau. C’était probablement en hindi !

Vers 15h, on est retourné à ma (future) résidence pour voir avec le responsable. Apparemment ils ont fini par me trouver une chambre. Finalement, ça sera une chambre simple, même si j’ai payé pour une double. Je gagne au change ! On aura des infos détaillés un peu plus tard dans la journée.

Détail amusant, quand on est entré dans le bureau du directeur, c’était l’heure de la sieste. Et donc le gars et son assistant dormaient allongés sur le tapis devant le bureau. On les a réveillé puis on a discuté du logement, eux allongés et nous assis par terre. L’Inde c’est vraiment différent ! (J’imagine mal le directeur de ma résidence à Clermont-Ferrand allongé par terre à discuter!)

J’espère pouvoir voir le professeur Verma avant la fin de la journée, parce que j’ai plutôt bien avancé. Mais apparemment, comme m’a confié Nayak en se marrant, il est parti dormir…

On est finalement retourné à la résidence. J’ai rencontré le vrai directeur (c’était pas lui plus tôt dans la journée) et, fait notable, pour la première fois depuis une semaine parfaitement compris ce qu’on me racontait. Comme quoi, mon anglais est peut-être pas si défaillant, mais avec la manière qu’on la plupart des indiens de le parler…

On fera le déménagement plus tard (demain?), le temps d’aller acheter deux trois bricoles comme des trucs pour le lit et une ampoule (oui, une seule).

Après, on est parti sur la place du temps pour manger un morceau et passer un petit moment avec les amis de Nayak. On a pas mal discuté, en anglais (je progresse de jour en jour, bientôt je n’aurai plus besoin de tout faire répéter deux fois!). C’est marrant, ici la plupart des prénoms une signification directe, genre un nom d’objet. Alors que nous… (qui sait, peut-être qu’en gaélique, Killian ça veut dire tabouret).

J’ai appris un truc super utile aujourd’hui. Il paraît que les fabricants de capotes mettent de la nitroglycérine dedans maintenant, paraît que ça a des pouvoirs vasodilatateurs (et dire que c’est ma mère qui m’a offert le bouquin dans lequel je trouve ce genre d’informations!). Une idée formidable (BOUUUM!).

À toute chose, malheur est bon, cela dit. Comme j’ai pas pu voir le prof, j’avais du temps libre. Alors j’ai pu me repencher sur des modélisations de galaxie que j’avais dans mes cartons depuis pas mal de temps. Avec MatLab j’arrive à avoir des résultats carrément sympas !

Dimanche 07/06

Décidément, les choses sont différentes en Inde… Habituellement, j’aime bien le dimanche. Mais ici… La journée a commencé à une heure raisonnable (vers 10h30). En fait, je sais pas si on peut vraiment dire qu’elle a commencé. On s’est levé et on a rien foutu pendant tout le reste de la journée. Nayak et son pote on bien fait un peu de cuisine (poulet au curry) et c’était bon, mais mis à part ça… Après, ça a été sieste de 15h à 18h30 bien tassé.

Vers 20h, Nayak m’a emmené dans Bénarès pour acheter les bricoles dont j’aurais besoin pour m’installer. Un seau, un balai, une ampoule et un cadenas (Ah, l’Inde…). J’en ai aussi profité pour acheter une bouteille. Total : 798 /- (environ 13€). Visiblement, Nayak va me laisser voler de mes propres ailes : il s’est assuré sur le chemin du retour que je connaissais à peu près le chemin pour rejoindre les points principaux du campus (la résidence, le département, la porte). Point important : juste devant ma résidence il y a trois petits magasins qui vendent à boire et à grignoter !

Du coup on est allé tout poser dans ma chambre. C’est globalement le même confort que dans la chambre que je partage avec Nayak, en moins propre. Mais quelques coups de balai et il n’y paraîtra plus. Par contre, j’ai pas de desert cooler. Non pas que je sois particulièrement fan de ce truc (ça fait un boucan de tout les diables), mais ça pourrait s’avérer utile. Je me renseignerai sur le sujet. J’ai un ventilateur, c’est déjà bien 😀 (j’ai même la chance d’avoir un régulateur sur mon ventilateur. Je n’ai aucune idée de ce à quoi ça peut bien servir)

Samedi 30/05 et dimanche 31/05 : le laisser-passer A38…

Samedi 30/05

Une fois la nuit passée, j’émerge vers 10h. Alors que le doctorant est parti prendre une douche (je suppose, vu qu’il est parti avec un seau), le maître de stage débarque dans la chambre. Nous discutons un peu puis il me dit de l’appeler quand nous serons prêt. Le doctorant revient et manque de faire un malaise lorsqu’il apprend que le professeur est passé dans sa chambre. Il le rappelle puis nous sortons dehors. Il est à peine 10h30 mais la chaleur est déjà assez épouvantable. Le maître de stage nous attend devant dans sa voiture. Nous nous arrêtons une première fois devant un petit magasin installé sur le côté pour boire du lait aromatisé à je ne sais trop quoi. Puis direction le département de génie chimique à plusieurs minutes de voiture de là. Après avoir rencontré mes collègues étudiants, on enchaîne les formalités. Le doctorant dont je partage la chambre part avec un de ses amis, qui est aussi un voisin, pour faire des photocopies de mes papiers. Je reste sur place, assis devant le climatiseur.

Ensuite, nous avons enchaîné les trajets dans les différents bâtiments administratifs, judicieusement placés à l’opposé les uns des autres. Heureusement, le maître de stage nous conduit en voiture de l’un à l’autre. Je ne sais pas comment j’aurai fait autrement, surtout vu la chaleur.

Après les formalités d’inscription, réglées assez rapidement (et les fameux frais d’inscription de… 500 /-, soit 7€ environ), on attaque l’hébergement. Tandis que nous sommes de retour au département et je remplis quelques papiers, un indien d’à peu près mon âge me salue et commence à me parler en français. Il a fait un stage de quelques temps en France et à donc appris à le parler. Pas le temps d’en savoir plus, il faut repartir pour d’autre formalités. Nous allons dans le bureau du responsable des logements, à quelques minutes de voiture de là, mais il nous manque une signature sur le formulaire… En effet, malgré la lettre d’acceptation du président de l’université et la signature du maître de stage, il faut aussi une recommandation du directeur du département. Nous y retournons. Mais le directeur n’est pas disponible. Nous descendons alors dans le bureau du directeur adjoint, qui accepte bon gré malgré de signer le document. De retour au bureau des logements, je paye le loyer. 2350 /- (une trentaine d’euros)… pour les trois mois ! Soit environ 30 fois moins qu’en France… Bon, le confort n’est pas le même !

De retour à la résidence du doctorant, le maître de stage me dit qu’on commencera à travailler lundi et me dit de me reposer (nous sommes samedi, vers 13h30). Le doctorant et moi allons manger au réfectoire de la résidence. Je ne sais pas vraiment ce que j’ai mangé. Beaucoup de légumes, sous différentes formes, plutôt épicé. De retour dans la chambre et après avoir bu un peu d’eau citronné, c’est visiblement l’heure de la sieste. La coutume me plaît !

Dans l’après-midi, le doctorant m’explique qu’il va retourner au département pour travailler. Je décide de rester pour me reposer, la chaleur et le voyage m’ont pas mal affecté et ce n’est pas la nuit précédente qui m’aura permis de récupérer ! Je passe alors plusieurs heures à dormir, plus ou moins bien vu le bruit épouvantable de la climatisation…

Le doctorant revient vers 6h environ, m’explique qu’il va faire un tour dans Bénarès et me propose de venir. La proposition est sympa, mais je ne suis vraiment pas de taille à affronter la chaleur de Bénarès. Je préfère continuer à me reposer.

Petit moment de déprime ! Avec le dépaysement et l’absence de contact avec le reste du monde, c’est pas facile !

Résumé du dimanche 31/08

Ouf ! Ça va mieux ! Petit passage à vide hier soir, rien d’anormal je pense… Beaucoup de choses différentes d’un coup, pas facile de ne pas être un peu dépaysé.

Et puis je me suis rappelé les paroles d’un célèbre (ou pas) philosophe (ou pas) de notre époque :
« Vivez-en héros, vous en sortirez grandi ! » (Oui, je cite le capitaine Bleuten). Une variante du « aide toi et le ciel t’aidera » et autres dictons à la con. Mais le message reste intéressant.

Du coup, ce matin tout allait mieux ! Je me suis levé vers midi, soit en même temps que tout le monde. C’est d’ailleurs probablement la chose qui me plaît le plus en Inde : les horaires !

Après un petit brin de toilette (il va vraiment falloir que je me confronte aux douches locales…) nous sommes allé manger avec le doctorant (désolé, je n’ai toujours pas réussi à attraper son prénom:/). Toujours dans le réfectoire de la résidence. Le menu est globalement le même, composé de pleins de plats différents, principalement à base de légume. Je n’ai pas encore réussi à obtenir les noms et ingrédients ! J’ai juste noté le nom d’une sorte de sauce/soupe qui s’appelle Dal (bon, alors forcément l’orthographe est de mon crû, et je pense qu’il manque des h). C’est jaune et ça a un vague coup de pois ou quelque chose comme ça. Je déconseille de le manger comme ça, c’est plutôt épicé (comme toute la cuisine locale, en fait) mais avec du riz ou du pain (techniquement, c’est pas du pain mais ça s’en approche tant sur le goût que l’utilisation. Là encore je n’ai pas de nom mais il me semble que c’est naan) c’est bon et beaucoup moins agressif. Tout le repas, les collègues se sont mis en tête de me faire manger, le doctorant en tête. Parce que forcément, entre la chaleur et le moral qui est un peu bas, je n’ai pas très faim ! Et les épices n’aident pas.

Comme à chaque fois, le doctorant, inquiet m’a regardé et m’a dit : « You don’t eat anything ». Et comme à chaque fois, je lui explique que tout va bien, j’ai simplement trop chaud !

Après le repas, c’est l’heure de la sieste. Là aussi, une chouette coutume locale. De toute façon, vu la chaleur qu’il fait on peut difficilement bouger. Donc tout le monde ferme les portes, allume la clim et pique un roupillon. Vu que j’avais beaucoup dormi les deux jours précédents j’ai préféré rester éveillé pour lire tranquillement sur mon lit.

Ensuite, un homme est venu pour repeindre les volets et la porte. Vu les conditions climatiques, la peinture ne tient visiblement pas longtemps. Après la sieste, le doctorant m’a laissé quelques temps, pour aller faire une promenade.

À son retour il m’a suggéré d’aller nous promener dans Bénarès. Nous avons donc pris tranquillement nos tongs et sommes sortis dans la rue. Au passage, il a discuté quelques instants avec le gardien de la résidence. Il m’a expliqué après qu’il avait demandé si je pouvais être logé dans cette résidence, et pas dans celle réservée aux étrangers. L’idée derrière est qu’il puisse veiller sur moi, je pense (d’après ce que j’ai compris, le professeur Verma lui a laissé des consignes en ce sens) !

Nous sommes donc sorti vers 18h30. Il faisait encore chaud, vers 35°C, mais en marchant tranquillement c’était parfaitement tolérable. Après quelques minutes de marche nous avons atteint une place avec plein de monde et pleins de boutiques sur les côtés, principalement des vendeurs de nourriture. Juste derrière, il y a un grand temple. Vraiment assez impressionnant. Il pourrait sans aucun doute rivaliser avec nos cathédrales !

Vishwanath Temple

Vishwanath Temple

Le doctorant m’emmène un peu sur le côté du temple. Il y a une sorte de jardin avec des statues d’hippopotame. Il me demande si je veux rentrer dans le temple. Je préfère refuser. J’aime pas trop l’idée d’aller faire du tourisme dans un lieu de culte, je préfère laisser les gens accomplir leurs rituels tranquillement. Il me dit qu’il va y rentrer, qu’il en a pour quelques minutes. J’en profite pour observer un peu. Le temple est plutôt grand, avec notamment ce que j’appellerai, par analogie, un grand clocher. Tout autour, un muraille. Chose qui surprend forcément au premier abord, ce sont les svastika gravés un peu partout. Pour les européens, la connotation n’est pas la même !

Il y a beaucoup de gens qui viennent au temps. Des jeunes, des familles, des étudiants… Ils se déchaussent avant d’entrer, ce qui fait que l’on trouve des chaussures un peu partout !

En sortant du temple, le doctorant m’a fait goûter quelques petites choses aux boutiques de la place. Une sorte de pâtisserie (laung latta) frite dans vraiment beaucoup d’huile. Étrangement, ça me rappelle pas mal le Kouign Amann ! Je goûte aussi le fameux thé à l’indienne. C’est très bon, même meilleur que le thé qu’on a l’habitude de boire qui a, je trouve, trop souvent le goût de flotte. Là c’est différent, il le mélange avec plein d’autre choses et c’est vraiment bon !

Après nous avons repris notre promenade à pied. Chose assez étonnante, malgré la façon assez chaotique de conduire des indiens, je ne me sens pas particulièrement exposé en tant que piéton. C’est l’avantage de l’utilisation du klaxon, on sait qu’il y a un véhicule derrière.
Pendant la promenade nous discutons un peu de choses et d’autres : de nos familles, des langues, des traditions de nos pays…

Nous sommes finalement sorti du campus pour aller nous promener un peu dans la ville même. En discutant de la cuisson des œufs (oui, on parle vraiment de n’importe quoi) nous sommes allés chez un marchant ambulant qui vendait des œufs durs. C’est un peu stupide, mais ça m’a fait plaisir de manger quelque chose de connu ! Nous avons encore fait le tour de plusieurs boutiques de nourriture. À chaque fois, j’expliquais au doctorant que je n’avais pas très faim, que c’était sympa de s’en préoccuper mais que vraiment, tout allait bien. Au bout d’un moment il m’a avoué le problème (et je me suis senti très con de ne pas y avoir pensé avant) : lui il avait faim, et visiblement ça le gênait de manger devant moi. Mais je lui ai assuré que ça ne me posait pas soucis et nous avons fini devant la boutique qui vend le poulet que j’avais pu goûter le soir de mon arrivée.

Nous sommes finalement revenu à la résidence pour le repas du soir. Composé pour moi d’œufs durs ^^

D’ailleurs, heureusement que je n’ai pas mangé de ce poulet ce soir ! Le doctorant m’a confié que cette fois, même pour lui c’était trop épicé !

Lien

Avant que je ne publie moi-même ma propre réaction sur le Projet de Loi Surveillance qui sera étudié dans les jours à venir à l’Assemblée Nationale, je partage l’excellent article de Maître Eolas sur le sujet. Plus particulièrement, il s’attache dans son article à démontrer en quoi la sécurité n’est pas la première des libertés mais bien la condition pour que s’exercent les libertés. Et non seulement c’est fait de manière brillante, mais en plus Maître Eolas s’appuie sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Et ça, ça pète la classe.

Sans plus attendre, voici le lien : Relisons la notice – Journal d’un Avocat (Maître Eolas)

GamePad Of Science

Mon Dieu, mais quel oubli !

J’ai réalisé l’année dernière deux vidéos de vulgarisation scientifique avec les jeux-vidéo en toile de fond avec mon collègue Kai Doumeki (@KaiDoumeki), le tout produit par la sûrement bientôt célèbre 2CE Productions !

Par manque de temps et de motivation on a pas ressorti de nouvel épisode depuis un moment mais en attendant, vous pouvez déjà jeter un œil à ça : GamePad Of Science (Youtube).

Et restez connecté pour peut-être de nouvelles vidéos de la 2CE Productions !